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Tokusan porte son bol

Un jour que Tokusan, son bol à la main, descendait vers le réfectoire, il rencontra Seppō qui l’apostropha : « Vénérable Maître, la cloche n’a pas encore sonné et le tambour n’a pas encore été frappé, où allez-vous avec votre bol ? » Tokusan retourna alors dans sa cellule.

Seppō rapporta l’histoire à Gantō[1]. Celui-ci lui dit : « Le petit Tokusan, aussi grand soit-il, ne connaît pas encore le mot de la fin. » Cela parvint aux oreilles de Tokusan qui demanda à un assistant d’aller chercher Gantō. Il lui demanda : « Tu ne m’approuves pas, moi, le vieux moine ? » Gantō l’admit en silence. Tokusan ne dit rien.

Le lendemain, il monta en chaire et apparut différent des autres jours. Alors Gantō s’avança devant le trône, applaudit et dit en partant d’un éclat de rire : « Je me réjouis que notre vieux maître ait réalisé le mot de la fin. Désormais, personne au monde ne le surpassera. »

Commentaire de Mumon Ekai, dans le Mumonkan

Le mot de la fin, Tokusan et Seppō n’en ont même pas rêvé. À y regarder de près, cela ressemble à un théâtre de marionnettes !

Qui connaît le premier mot Connaît aussi le dernier. Ni le premier, ni le dernier Ne relèvent du mot.


Compilations

  • Mumonkan : 13
  • Shūmon kattōshū : 22-1

Source

Hui kai, La passe sans porte, traduit par Catherine Despeux, Éd. Points, Paris, 2014, ISBN 978-2-7578-3468-8.